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 L'Éternelle

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Lacrima



Féminin Nombre de messages : 145
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Passion : Danse, musique, photographie et dessin
Coup De Coeur Livresques : L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera
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MessageSujet: L'Éternelle   Dim 19 Avr - 20:22

Voici une nouvelle que je vais présenté à un concours de nouvelle dans peu de temps. Elle n'a pas encore été entièrement corriger. Et ce que je cherche le plus à savoir si tout est bien clair ^^.

Commentaire : http://epopee-litteraire.exprimetoi.net/commentaires-avis-f77/commentaire-l-eternelle-t637.htm

L'Éternelle


Vendredi 12 Février 2010

La nuit, les rues s'embrument d'une épaisse couche de brouillard. Ici et là, quelques fenêtres donnent encore sur l'intimité voilée des insomniaques de la vie.
Dans une pièce vide, quelque part aux environs de Paris, un jeune homme est nonchalamment assis par terre dans l'obscurité d’un clair de lune. Il est immobile, comme une statue. Seul son torse bouge aux rythmes de sa respiration, lente et profonde, ses paupières clignent de temps en temps, rarement, indolemment.
Chaque fois, ses yeux se ferment sur des regrets et se rouvrent sur des souvenirs qui viennent remplir la pièce d'une étrange mélancolie. Dans le silence de ce mutisme pesant, des battements de cœur violents déchirent cette apathie et laisse ce sentiment de souffrance s'installer dans le chant des morts.
Et enfin, goutte après goutte, une larme se forme aux creux des yeux du jeune homme. Puis elle lui roule sur la joue pour tomber bruyamment sur le parquet de la pièce, vide mais pleine.
Il y a environs cinq ans de cela, dans une maison en plein cœur de Paris, une jeune fille mourait, le cœur triste, l'âme épuisée, tenant entre ses doigts glacés une enveloppe ornée d'un perce-neige peint à l'aquarelle. Éternelle, c'était son prénom, étrange, n’est-ce pas ? La mort d’une fille aussi jeune et au nom si symbolique.

***
Première partie


Cinq ans plus tôt
Dimanche 30 Octobre 2005

Éternelle était une jeune lycéenne de seize ans, passionnée de musique, elle était la meilleure amie de Raphaël. Simple, joyeuse, enjouée, elle avait ce goût de vivre hérité de ses parents, Charlotte et Pierre Garthier. D’une nature très fragile, elle inspirait l'innocence. Son visage semblait être celui d’un ange, Charlotte ne trouva qu’un seul prénom à lui donner : Éternelle.
Éternelle n’était pas d’une intelligence frappante, pas d’une maturité admirable. Ne disons pas tout de suite qu’elle était immature. Mais elle était une des ces filles à qui la simple amitié suffisait. Elle avait beaucoup d’amis, toujours là, et donnait toujours de bons conseils assez avisé.

*


Dans les rues de Reims, une belle journée se levait. Les rues, silencieuses, s'évaporaient dans l'oublie. À quelques mètres de-là, rue Chabaud, une jeune fille dormait le visage serein. Une main sur le front, l'autre tirant la couverture, elle commençait à se réveiller, doucement. La seconde d'après, le réveille sonna. S'étirant comme un chat, Éternelle se leva, effila ses pantoufles en forme de lapins et marcha maladroitement jusqu’à la salle de bain.
Sa douche finit, elle se dirigea vers la pièce principale de la maison, sa mère s'était adossée au plan de travail de la cuisine, elle lisait le journal une tasse de café à la main. Éternelle s'assit à la table à manger, elle commença son petit déjeuner déjà poser sur la table. La jeune fille composa un numéro sur le téléphone fixe posé à côté d'elle.
Dix intonations plus tard, quelqu'un décrocha, quelqu'un de grognon. Éternelle rit.
- Cher ami, il est déjà, oui déjà, neuf heures du matin. Et je vois que tu dors toujours. C'est navrant.
- Éternelle ? Tu es obligée de m'appeler chaque matin pour me faire rater la grasse matinée?
- Il te suffisait d'éteindre ton portable mon cher. Rien de plus simple... Bon, tu passes me cherché vers 13 heures ? J'ai envie de profiter de mes vacances, on va à la campagne aujourd'hui ?
- Exact, 13 heures. Bon, laisse-moi dormir maintenant. Bisous.

*


Aux environs de 13 heures. Un être blond se tenait face à la Cathédrale de Reims. Raphaël passait tout les jours devant et s'arrêtait souvent quelques secondes pour la contempler. Il n'était pas croyant, non, mais il admirait ce monument. Des siècles pour construire une pareille chose, rien que pour la foi d'un être invisible...
Il inspira un grand coup et, dos à la Cathédrale, poursuivit son chemin.

*


Un bourdonnement grave titilla l'oreille du silence, de la rue, on pouvait entendre cette légère mélodie s'échapper de l'une des fenêtres. Le chuchotis d'un arbre se joignit à la musique au gré du vent.
Dans sa chambre Éternelle frotta énergiquement son archer sur son violoncelle. Les cordes vibrèrent de tout leur corps, le poignet de la jeune fille s'arrêta pour tiré une dernière note. Le temps de soufflé, et cela recommença. Sur la partition chiffonnée posée sur un modeste pupitre, il y était inscrit en titre : « Suite Pour Violoncelle n° 1, Prélude de J.S. Bach ». C'était l'un des morceaux préférés d'Éternelle.

*


Dans l'allée adjacente à la rue Chabaud, Raphaël, mains enfoncés dans ses poches se dirigeait vers la demeure d’Éternelle. Une moue insouciante sur son visage d'ange, il sonna au portail de la grande maison des Garthier.
Toute souriante, Charlotte lui ouvrit la porte. Un bonjour. Un salut.
Il monta les escaliers à toute vitesse. Entra discrètement dans la pièce et trouva Éternelle de dos jouant de son violoncelle. L'espace d'une seconde la mélodie s'empara des couloirs de la maison.
Éternelle n'avait pas remarqué l’intrusion de Raphaël et ce dernier s'approcha doucement d'elle et lui déposa furtivement un baiser sur sa joue. Un sursaut, quelques fausses notes. Un rire. Une tape. Le regard boudeur, elle sourit.
- Tu m'as fait peur !
- C'était l'intention, sinon que serait la vie ! Bon tu es prête ?
- Oui. Tu m'aides ? Je suis restée assise depuis une heure.
Elle lui tendit les bras et il la releva. Ils restèrent face à face, une seconde peut-être deux. Yeux dans les yeux. Éternelle fut la première à sourire puis baisser le regard. Puis éclata un rire, elle dévala les escaliers à toute vitesse et lui la rattrapa dans l'entrée en commençant à la chatouillé.
Larmes aux yeux d'avoir tant rit, Raphaël et Éternelle sortent en saluant Charlotte.

*


Dans la campagne champenoise, autour des champs de vignes. La forêt. Le silence des arbres. Un vélo. Une jeune fille. Un jeune homme.
Ses longs cheveux au vent, Éternelle avait posé la joue sur l'épaule de Raphaël, les yeux fermés, elle profitait du vent et du parfum de son ange. Elle était assise en amazone à l’arrière du vélo pendant que Raphaël pédalait dans un petit coin tranquille, loin de tout. C'était inconfortable, certes, mais elle aimait cette impression de liberté. Elle souriait, béate...
Ce n'est que lorsque le vélo s'arrêta qu'elle ouvrit les yeux. Éternelle desserra la taille de Raphaël et se leva d'un bond. Elle s'étira pendant qu'il posait le vélo contre un arbre. Lorsque Raphaël se retourna, son amie s'était déjà avancée dans un sentier. Elle se retourna, le sourire joueur, puis courut. Ce n'est qu'après avoir vérifié que Raphaël l'avait suivie qu'elle éclata de rire. En peu de temps, il la rattrapa et la prit par la taille.
- Non, arrête ! Lâche-moi ! Rigola l'Éternelle.
Une seconde, seulement une seconde qui s'étendait dans le temps pour qu'ils gravent le moindre détail de ce moment dans leurs mémoires avant que leurs sens s'affolent pour de bon. Le contact de leurs peaux, les chaudes mains de Raphaël autour de sa taille et celles de l'Éternelle entourant les doigts de l'ange. Leurs joues se frôlaient et leurs poils s'hérissèrent. Une brise tiède faisait voltiger quelques mèches des cheveux d'Éternelle, les arbres susurraient quelques ragots sur l'amour.
Le jeune homme baissa la tête et huma longuement le cou de la jeune fille. Il la détaillait, le rose de ses joues, ce sourire sur ses lèvres et surtout ses yeux. Bleu profond, comme l'océan. Il sentait une froide main se poser sur sa joue. Il n'y avait qu'eux. Une jeune fille. Un jeune homme. Le silence de la nature...

Puis le temps reprit son court, tout paraissait passé si vite. Il attrapa sa petite main et se tourna face à elle. Soudain, tout se tut. Il lui caressa le visage, puis s'approcha lentement, entrouvrit la bouche. Ils s'embrassèrent. Timidement, puis plus amoureusement...
Dans leurs pensées, ils se disaient la même chose : Je t'aime.

***


Environs deux mois plus tard.
Vendredi 16 Décembre 2005

Dans le hall du lycée, une élève tenait théâtralement la porte à ses amis, pendant que l'air glacial de décembre en profitait pour entrer. Dans les longs couloirs, des lycéens rigolaient et se traînaient mollement vers leurs premières heures de cours.
Une jeune fille à l'air triste était déjà adossée près de sa salle de cours, attendant, silencieuse, face à un jeune homme. Raphaël observait Éternelle depuis une semaine et le comportement de son amour l'inquiétait. Depuis quelques jours, elle était distante, ne parlait presque plus et ne riait plus du tout à ses blagues. Elle avait toujours cet air mélancolique sur son visage.
Avant cela, et depuis leur balade à la campagne, ils étaient un couple heureux, Le Couple de la classe. L’Éternelle et Le Raphaël.

Plus tôt ce matin, Éternelle l'avait à peine salué, ce qui donnait une différence frappante entre l'Éternelle aux bonjours enjoués et euphorique, qui, chaque matin sautait au cou de ses amis. Il s'était tu toute la semaine, feignant l'ignorance, mais il commençait à s'inquiéter.
- Éternelle... Est-ce que ça va ?
Elle leva les yeux. Derrière Raphaël, le soleil se levait et les illuminait.
- Bien, et toi ? Renvoya-t-elle par politesse.
- Non, ça ne va pas.
Soudain, vivante, elle ouvrit grand les yeux d'étonnement.
- Qu'est-ce qu'il y a mon ange ?
Elle leva le regard en s'approchant de lui pour observer un quelconque indice sur le visage de son petit ami. Il regrettait presque ce qu'il allait dire, car dans les yeux de l'Éternelle, on pouvait voir une réelle inquiétude.
Mais il continua quand même.
- Tu me mens, ne le nie pas, lança-t-il.
Yeux dans les yeux, Éternelle se plaqua contre le mur, fuyant à présent le regard de l'ange. Au creux de ses paupières, des larmes se formèrent.
Ne lui dis rien gardes ça pour toi.
Elle tâcha de maintenir un regard froid et fit face à Raphaël, qui, à quelques centimètres d'elle, la regardait de haut.
- Tu me mens, je le sais. Tu ne vas pas bien, pas du tout... Tu sais bien que tu peux tout me dire. Tout le monde serait aveugle pour ne pas remarquer ton changement. Alors dis-moi tout, pourquoi es-tu triste ?
Elle fronça les sourcils.
- Je ne suis pas....
De nouveaux elle eut le regard fuyant. Elle se répétait inlassablement :
Ne lui dis rien. Ne lui dis rien. Ne lui dis rien...
En levant les yeux au ciel, elle prit un air détaché et déclara :
- Je ne suis pas triste ! De quoi tu parles ? Tout va bien, je suis simplement très fatiguée ! Mais ce soir c’est les vacances !
Éternelle fit un large sourire, comme réjoui. L'ange leva un sourcil, il savait que cela était faux. Il croisa ses bras sur son torse, en l'observant toujours de haut.
Bon, d'accord, racontons lui un bobard...
- Bon, très bien ! Euh... Je suis fatiguée, j'en ai marre, je suis moche, je suis idiote, tu m'énerves ! Arrête de me prendre pour une menteuse, tu es d’un affligeant !
- Non, impossible tu m'as toujours adoré, je suis un dieu !
Elle le fusilla des yeux.
- Non, mais j'y crois pas ! Pousses-toi !
Raphaël bloquait l'entrée de la salle de cours, et, tout sourire se bornait à rester planté là. Furibonde, l'Éternelle lui donna un coup de pied au tibia et le poussa en entrant en cours. Elle alla se placer tout au fond, loin de Raphaël. Rouge de colère, elle s’efforça de suivre la leçon.

Au milieu du cours, Éternelle reçu un bout de papier chiffonné sur sa table. Elle regarda Raphaël qui lui adressa un sourire.

Tu es magnifique, la plus belle créature sur Terre, l'Éternelle dans toute sa splendeur. Tu n'es pas idiote, mais moi je suis un diablotin imbécile. Mais dis-moi la vérité, ce n'est pas pour ça que tu es triste ? Je te connais, et cela fait des années que tu penses ses idioties. Je veux la vérité, je t'en prie.
Je croyais que l'Éternelle était éternelle.
(P-S : tu fais mal !)


Elle leva la tête, il l'observait. Éternelle fixa le mot, arracha une page de son brouillon et rédigea ce petit message :

Je ne sais pas, Raphaël. Vraiment, c'est juste quelque chose, je n'ai pas envie d'en parler. Désolée, je ne suis pas d'humeur à rire ces derniers temps, si tu ne veux plus me parler je comprendrais.
Puis, Éternelle n'est qu'un prénom, mon ange déchu.


Pliant vaguement la feuille, elle fit passer la missive jusqu'à l'ange de son cœur.

*


Une épaisse couche de nuage recouvrait le ciel, les cheminées crachaient leurs fumées et dans les rues Noël s'annonçait proche. C’était à la fin des cours, Raphaël raccompagnait Éternelle chez elle.
- Pourquoi tu ne veux pas m'en parler ? C'est grave ?
Il marchait à reculons face à son amour.
- Je n'ai pas envie d'en parler, juste oublier...
- Bien. Et si je te chatouillais ?
- Tu n'as pas...
Trop tard, elle courut, mais il l'attrapa et se mit à la chatouiller, il l'entraîna vers un banc où ils rirent de bon cœur.
Son rire... cela lui avait tellement manqué, un rire franc suivi d'un magnifique sourire sur ses lèvres. Son teint était rosi par le froid et ses yeux pétillaient de nouveau. Il avait réussi, à son insu, à faire oublier cette chose qu'Éternelle avait perdue.
- Sérieusement ? Je t'exaspère à ce point ?
- Oh que oui, mais je t'aime comme ça. Ne change pas pour moi, si je n'avais pas aimé je t'aurai déjà donné une bonne centaine de claques.
En lui ébouriffant les cheveux, elle lui donna un court baiser sur les lèvres, perdit son sourire et se remit debout.


Dernière édition par Lacrima le Mer 29 Avr - 15:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'Éternelle   Dim 19 Avr - 20:23

Dimanche 25 Décembre 2005

Ah, la veille de Noël. La gaité, les cadeaux, la famille... Ce jour devait être une bonne journée pour Raphaël, l'une des meilleures même. Et ça l'avait été, jusqu'à que sa mère lui remette une lettre ornée d'un perce-neige peint à l'aquarelle, c'était la signature d'Éternelle. En s'avançant dans sa chambre, il ouvrit la lettre, s'attendant naturellement à ce que ça soit une carte de vœux.

Raphaël,

Je suis désolée de te l'annoncer par lettre, je sais que j'aurai du procéder autrement, mais je n'ai pas le courage de t'affronter. Je pars, je déménage dans une autre ville. Je ne souhaite pas tellement rester en contact avec toi, même si ça me fait de la peine. Passe à autre chose, mon ange déchu.

Je t'aime. Adieu.
Éternelle

Elle ne m'aime plus ? Qu'es-ce que j'ai fait ?... Non, impossible...
Il relu la lettre, encore et encore... Il s'allongea en travers de son lit, dans la poche de son jeans il prit son portable et chercha dans sa liste de contacts. Il appela Éternelle et tomba sur son répondeur.
- Hey hey ! Salut le monde ! Je ne suis pas là, dommage non ? J'ai eu une journée ! J'te dis pas ! Bon, j'arrête, haha j'vous saoul en racontant ma vie même quand j'suis pas là ! Laisse-moi un message et je ne répondrai pas... non je rigole !...
Raphaël raccrocha les yeux dans le vide. Il n'arrivait toujours pas à réaliser, il se leva. Dans l'entrée, il enfila son manteau à la va-vite, et au moment de mettre son écharpe, il s'arrêta. Cette écharpe avait été offerte à Raphaël quelques années plutôt, Éternelle l'avait tricoté, elle-même, pour lui. Il l'enroula autours de son cou et sortit.

Le froid lui mordit le visage, sa peau pâlit encore plus. Il espérait aussi que l'air pur et glacé lui éclaircirait les idées, d'un pas pressé, il se dépêcha de se rendre au domicile de l'Éternelle, une mince boule d'espoir au ventre.
Face au portail de l'ancienne maison Garthier, Raphaël sonna sans oser jeter un coup d'œil à travers la fenêtre du salon. Il attendit un bon quart d'heure, dés la première minute il était persuadé que personne n'allait ouvrir. Mais il n'osait pas vérifié s'ils avaient emporté les meubles.
Au bout du quart d'heure, il se décida enfin. Et là, un nœud se fit dans son ventre et sa gorge se serra. De longues bandes de lumières étaient dessinées sur le parquet de l'immense salon mais rien d’autre. Vide.
Raphaël s'appuya sur le rebord de la fenêtre. Il observait le ciel saupoudré de nuages cachant le soleil. Il ne pensait à rien, essayant d'encaisser le choc. Éternelle était partie, et ce n'était pas une blague de mauvais goût...
Ils se connaissaient depuis la maternelle, ils étaient meilleurs-amis, puis amoureux et amant. Il était difficile de concevoir qu’elle l’avait quitté comme ça. Sans rien. Juste quelques lettres, des cadeaux et des souvenirs, de minces et précieux souvenirs.
Après un long moment, il se redressa et repartit chez lui. Les rues étaient désertes et le soleil commençait à se coucher, dans quelques appartements on pouvait sentir les bons repas, les chants de Noël à tut tête, la joie, les rires... Ici et là, des malheureux, certains rejetés par la population, leurs familles ou seulement des personnes détestant la gaité de Noël. Et dans les rues, un grand être blond ratatiné par le désarroi se trainait chez lui, où une famille aimante et heureuse l'attendait, ne se doutant de rien, bercé dans les chants de Noël.

*

Après réflexion, Éternelle était consciente que ce n'était pas la meilleure chose à faire. Mais elle l'avait fait sur le coup et ça ressemblait à une solution. Elle ne supportait plus cette ville, chaque rue et chaque personne lui rappelait un mauvais souvenir. Le regard des personnes l'obsédait, elle n'en pouvait plus.
Depuis quelques temps, son père souhaitait partir à Paris pour y établir un cabinet d’avocat avec son meilleur ami, il en avait rêvé depuis des années, il lui avait donné le choix. Et elle avait choisi.
Aux vacances de Noël, ses parents et elle s’étaient installés à Paris. Elle avait réfléchis, et beaucoup songer à la manière dont elle l’annoncerait à Raphaël. Si elle avait été face à lui, elle l'aurai vu essayé de trouvé un moyen pour que qu’elle reste, ça lui aurait mit les larmes aux yeux et elle serait finalement restée. Il ne valait mieux pas tenté le diable.
Le vent d'hiver la gifla dés qu’elle sortit de sa nouvelle petite maison. Elle retrouvait une activité qu’elle avait redouté ces derniers jours dans la ville de Reims, à Paris c'était différent elle n'avait plus peur de la même façon.
Raphaël...
Quelques larmes coulèrent sur sa joue glacée...
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MessageSujet: Re: L'Éternelle   Dim 19 Avr - 20:24

Seconde Partie

Environs un mois plus tard.

Après quelques semaines, une nuit mouvementée de janvier, l'Éternelle se leva, épuisée, en sueur, dans son lit. Son cauchemar ne voulait plus la quitter, chaque soir, elle faisait le même affreux rêve, elle en était devenue insomniaque. Au bout d'un moment les larmes cessèrent de couler.
Éternelle alluma la lumière, dans un coin de la chambre le réveil annonçait une heure tardive. La jeune fille s'assit à son bureau, tira un tiroir, sorti quelques pinceaux, une enveloppe et un petit papier.
Elle prit un instant pour se calmer, reprendre son souffle et prit du bout des doigts un pinceau, le trempa dans l'eau puis dans l'aquarelle, vérifia la couleur sur un brouillon. Un léger trait se dessina sur le coin de l'enveloppe... Elle traça chaque détail d'une éternelle perce-neige. Puis sur le carré de papier, elle écrit un court mot.

*

Dans les rues de Reims, il pleuvait. Raphaël, amorphe, laissait l'eau de pluie dégouliner dans son dos. Il venait juste de se remettre d'une grimpe. L'espiègle Raphaël était un ange qui ne volait plus. Un ange triste, brisé. Il avait offert son cœur, ses ailes et son âme à l'éternelle, il ne lui restait plus qu'une toute petite étincelle d'espoir en son être.
"Je t'aime. Adieu."
En repensant à ses mots, il eut un rire amer, désagréable, presque douloureux.
Ses parents ne disaient ou ne demandaient plus rien, ils abandonnèrent devant le mutisme et l'apathie de leur fils. Rentrée chez lui, Raphaël ne fut plus face à la routine, sa mère lui tendit une petite enveloppe. Sur le coin au dessus de l'adresse, un petit perce-neige était dessiné. C'était bien une lettre d'Elle.
Dans les yeux de l'ange déchu, quelque chose prit feu. Pour la première fois depuis des semaines, son cœur battit, mais il se demandait pour combien de temps...

Je t'aime Raphaël,
Je t'aime, et toi tu m'aimes ?
Éternelle.


La chose qui battait faiblement dans le torse de Raphaël se réveilla pour de bon. Cette énergie réveilla le feu dans le corps, soudain vivant, de l'ange. Peu importe le pourquoi du comment. Plus rien ne comptait. Elle l'aime et l'avait dit.
Je t'aime mon rayon de soleil, mon arc-en-ciel, mon amour aux milles merveilles.
Sans un mot et sous l'œil inquiet de sa mère, il fonça dans sa chambre, tira son tiroir avec entrain, sortit une feuille un stylo et rédigea un petit mot qu'il glissa dans une enveloppe.
Après avoir mis l'adresse, il courut, toujours trempé, dehors poster la missive.

*

Devant un lycée de Paris, pendant que quelques étudiants passaient tranquillement la porte d'entrée, quelques uns crièrent de joie, les cheveux colorés, c’était les vacances pour les élèves de zone C. Éternelle sortit seule de l'établissement et rentra chez elle comme tout les jours après les cours. Elle s'était fait quelques amis, mais dans ce lycée, il n'y avait presque que des snobs prenant tout au sérieux, surtout la mode et la popularité.
Enfin chez elle, Éternelle regarda son courrier. Une petite enveloppe à l'écriture de Raphaël venant de Reims lui sauta aux yeux. L'eau de ses yeux se déglaça.

Ma fleur immortelle,
Reviens. Oui je t'aime.
Raphaël


En lisant et relisant le mot, elle prit son portable et envoya un texto à Raphaël : Nn, imposible j'ne peu pa revenir à Reims.

*

A Reims, dans la chambre de Raphaël, un petit mot avait été posé sur son lit, il était adressé à ses parents. Sur ce bout de papier quelques simples mots ont été écrits négligemment.

Je pars rejoindre Éternelle, je reviens demain ou un peu plus tard. Ne vous inquiétez pas.
Bisous, Raphaël.


Dans les rues de Paris un être blond marchait joyeusement vers le domicile de son éternelle. Il avait retrouvé ses ailes perdu, il se sentait plus fort que jamais. Après avoir reçu le texto d'Éternelle il avait décidé d'aller la voir. On était en février et les parents d'Éternelle devait être à New York, surement, en tout cas Raphaël l'espérait. Son sourire s'épanouissait à la pensée de revoir son Éternelle, surtout à la tête qu'elle ferait.
Il s'arrêta devant une porte, attendit quelques secondes et puis sonna. Il attendit quelques minutes et la petite lampe du perron s'alluma. Un cliquetis, la porte s'ouvrait sur une beauté dévastée.
Éternelle avait une mine épouvantable, des cernes étaient incrustées sous ses yeux azur ternis, sans doute, par la souffrance. Elle avait un teint blafard et ses longs cheveux tombaient sur les hanches de la belle sans la grâce d'autrefois, elle avait aussi incroyablement maigrit. Éternelle n'avait pas encore remarqué que se tenait devant elle Raphaël, les yeux horrifiés par l'état de son Éternelle.
- Raphaël ? Raphaël ? Qu’es-ce que tu fais là ? L’avait-elle questionné, encore endormie. C'est bien toi ?
Raphaël lui prit sa main glacée, comme on le faisait pour une personne malade ou sénile. Il caressa le visage de l'Éternelle en poussant quelques mèches de ses cheveux, ses paupières étaient enflées tellement elle avait pleuré. Raphaël en eut le cœur déchiré. Il tâcha de caché ses larmes.
- Oui, c'est moi. Tu permets que je rentre ? Il fait froid dehors.
Elle ne réagit pas, doucement, Raphaël la prit par les épaules et la dirigea à l'intérieur.
- Qu'es-ce que tu fais là ? Demanda-t-elle lorsqu'il fermait la porte.
- Je suis venu te voir.
Un long silence s'en suivit, Éternelle en profita pour s'éveiller. Elle était, là, comme une mourante adossée sur l'un des murs de l'entrée, elle n'était même pas assez forte pour marché jusqu'à Raphaël.
- Tes parents savent que tu es ici ?
- Non.
Il avait répondu dans un ton neutre, il s'en voulait un peu et en voulait surtout à Éternelle d'être dans cet état.
- Éternelle...
- Non, ne dis rien, je sais. Mais ne fais aucun commentaire sur ça, tu ne sais pas ce qui m'est arrivée et tu ne le sauras pas. D'ailleurs, personne ne le sait et je n'ai pas envie d'en parler. Point.
Elle n'avait pas un ton ferme, mais tout était moue, sans vie. Cela n'était pas du tout convainquant. Raphaël s'avança et la prit dans ses bras, soulagé de la retrouvée, qu'elle soit enfin dans ses bras. Elle n'avait pas perdu son merveilleux parfum, Éternelle sanglota dans ses bras, il lui caressa les cheveux.
- Raphaël, je suis désolée...
- Chut, Éternelle, calme-toi, où est ta chambre ?
Elle lui montra une pièce dans le couloir, et il lui emmena. Il l'embrassa sur la tête, replia la couette du lit de l'Éternelle et la fit allongé. Il enleva son manteau, ses chaussures et s'allongea au près de son amour par dessus le drap. Dans ses bras, Éternelle continuait à pleurer jusqu'à ce qu'elle dorme, mais lui ne ferma pas l'œil.
- Chut... Je t'aime, mon Éternelle...
Les sanglots d'une éternité pour la souffrance d'un ange.

*

Il y avait toujours une multitude de personnes qui frôlaient le sol de la ville de Paris, toutes les nationalités, toutes les classes du milliardaire au clodo, là invisible. Il y avait bien sûr des hommes et des femmes, des mannequins et des putains, des servis et des serveurs, des familiers et des touristes... Et bien sûr, dans la ville de l'amour, les couples. Un parc. Le bruit incessant de Paris. Une Éternelle. Un Ange.
Sur un banc, l’Éternelle avait posé sa tête sur l'épaule de son ange déchu, elle avait retrouvé quelques couleurs. Un sourire se dessinait sur ses lèvres, elle se leva. L'Éternelle le fixant de ses yeux bleu ciel, de ses froids doigts, elle s'empara de la main de son ange. Elle se pencha doucement sur lui et déposa un baiser sur les lèvres de Raphaël. D'un petit rire, elle s'assit sur les genoux de son amour.

Les parents de Raphaël voulaient qu'il rentre à la fin de la semaine, Raphaël leur avait expliqué la situation et ils se mirent d'accord. Éternelle avait retrouvé une partie de sa joie de vivre, l'ange avait réussi à lui faire oublier tout ses malheurs. Sous une douce brise, il baisa tendrement le front de l'Éternelle.
- Je reviendrais tout les week-ends mon amour, ne t'inquiète pas. Je t'aime plus que tout.
Aux alentours, les arbres chantaient l'amour et les fleurs se faisaient belles pour leurs amoureux, le ciel.
- Et l'année prochaine je viens faire mes études avec toi, et nous serons unis pour toute l'éternité que tu voudras. Je t'achèterai un chat qu'on appellera Miaou, puis plus tard, nous aurons une maison pleine d'enfants. Lucie, Andy, Julien, Pierre...
Éternelle rit.
- Caprice aussi ! Et Élégance !
- C'est une habitude dans cette famille de donner des prénoms du genre ?
- Faut croire.
La jeune fille resta là, sur les genoux de son ange tête posé sur son épaule, le jeune homme lui racontant leurs tendres vieux jours avec une grosse pincé d'humour.
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MessageSujet: Re: L'Éternelle   Dim 19 Avr - 20:27

Troisième Partie

Début Mars 2006

L'hiver se faisait sentir plus que tout, même à l'approche du printemps. Le soleil venait de se coucher et la lune reprit le règne, une vaste couche de nuages cachait la pleine lune et seul les lampadaires éclairaient la rue, quelque part à Paris, une jeune fille marchait d'un pas pressé, les larmes coulèrent sur sa froide joue. Le froid lui gifla le visage et elle l'appréciait, ça lui donnait les idées claires.

Dans son sac, une petite boite, rose sur laquelle un petit bébé était joliment imprimé dessus. Chez elle, Éternelle alla au toilette, pisser sur la petite languette du test de grossesse. Son visage était encore un peu rougit par le froid, elle se frotta les mains en attendant anxieusement que le résultat.
Positif
- Oh mon dieu...
Elle se releva de la cuvette et vomit le peu qu'elle avait mangé ce jour-là. Dans les larmes qui coulèrent de ses joues, un souvenir douloureux venait la hanté encore et encore. Elle se leva, essuya ses larmes.
Dans la véranda, il poussait un laurier-rose sauvage, la plante préférée de sa mère, lorsqu'elle était petite sa mère lui avait défendu d'y toucher parce que le laurier-rose était particulièrement toxique. Un jour, par pure ennui, l'Éternelle avait fait des recherches sur cette plante, si elle en ingurgitait assez, elle mourrait.
Dans sa chambre, elle s'assit face à son bureau blafard. Elle dessina un perce-neige sur une petite enveloppe et écrit un petit mot à son ange déchu, Raphaël...

*


Retour d’environs un mois, deux semaine avant le déménagement.
Dimanche 11 Décembre 2005

Dans les rues de Reims, au temps où Éternelle était encore dans cette ville, toute heureuse, insouciante. Le froid était glacial, mais Éternelle n'était vêtue que d'un simple pull fin et marchait à toute vitesse sans but. Plus tôt, son père avait exprimé le souhait d'aller s'installer à Paris, il lui avait laissé faire choix, mais elle savait que son père désirait vraiment ouvrir son cabinet avec son meilleur ami. Elle était sortie pour réfléchir, comme elle avait l'habitude de faire. Elle aimait le calme de la ville lorsque presque tout le monde dormait, il devrait être dans les environs de cinq heures du matin. Il y régnait un silence souvent brisé par quelques nocturnes.
Dans les grandes allées de Reims des illuminations étaient restées allumées, nous étions à deux semaines de Noël. Devant la Cathédrale Notre-Dame, Éternelle s'arrêta pour admirer cette grandeur, tout en haut, dans le ciel on pouvait voir les sombres nuages s'évader lentement vers d'autre horizon perdu.
A cet instant, elle était seule au monde. Seule face à une immense Cathédrale. Seule avec ce vent qui lui susurrait des mots glacés à l'oreille. Lorsqu’elle sentit enfin le froid glaciale de cette nuit, elle s'en alla chez elle. Éternelle avait décidé de resté à Reims jusqu'à ce qu'elle termine ses études, puis elle accompagnerait ses parents à Paris.
Sur le chemin du retour, une camionnette s'arrêta à son niveau. Quelques rires s'échappèrent de l'arrière. Un jeune homme déguisé en Zoro baissa la vitre.
- Excuse-moi, petite ? Qu'est-ce que tu fais seule à cette heure-ci ?
Éternelle le fixa, et continua sa route d'un pas pressé. La voiture la suivit.
- Rien, je m'apprêtais à rentrée.
- Ah, mais nous allons te raccompagner ma jolie !
Elle se tourna brusquement, outrée, puis elle courut, courut... Une étoile s'éteint dans l'immensité de l'univers.

Elle était presque inconsciente, elle avait froid, elle avait mal. Elle n'arrivait plus à bouger, ses jambes, ses bras lui piquaient, étaient engourdi. La jeune fille se sentait sale, souillée de l'intérieur. Il y avait une odeur d’alcool.
Dans un coin de la pièce, un homme parlait et riait, on trinquait.
- Aller ! Encore un coup ! Haha !
Le lit grinça et quelque chose se mit par dessus elle, ça empestait la sueur, la viande, l'alcool même le vomi. Quelque chose s'empara de ses genoux et les écarta brusquement...
Des larmes coulaient silencieusement de ses joues, elle ne voulait pas ouvrir les yeux et elle n'en avait pas la force...
Éternelle se réveilla dans une vieille allée, avec une misérable mini-jupe qu'elle n'avait jamais vu, elle n'avait plus de sous-vêtement. Elle se leva difficilement, le sol semblait se dérobé sous ses pieds. Il était encore tôt, personne n'était encore dans les rues, elle ne croisa qu'une vieille dame sur son chemin qui la regarda comme si elle était la pire putain du plus bas étage.
Rentrée chez elle, elle ne vit personne, son père était partie au bureau et sa mère dormait encore. Éternelle se glissa dans sa salle de bain, dans le lavabo elle déposa tout ses vêtements qu'elle n'avait jamais vu, les aspergea avec l'alcool qu'elle avait dans sa pharmacie et y mis le feu.
Un mal de ventre vint la prendre fortement. Elle se sentit mal et quelques vertiges la prit, la jeune fille s'appuya sur le rebord d'une armoire et pleura pour de bon. Puis elle sentit quelque chose venir, lentement, puis elle vomit sur le tas de cendres qui avait cessé de fumer. Elle ouvrit le robinet et vomit, vomit...

*


Début Mars 2006

Éternelle avait fini d'écrire sa lettre d'adieu à son amour. Elle se leva, pleurant, la jeune femme s'avança dans le jardin d'hiver de sa mère, cueilli quelques feuilles et fleurs du laurier-rose. Dans la cuisine, elle prit le mortier et broya les parties de la plante. C'était trop dure, trop dure de porter cet enfant, elle posa sa main sur son ventre et dit à l'ange :
- Je suis désolée, tu n'aurais jamais du être là, je ne suis pas assez forte.
Des larmes coulaient à flot sur ses joues, sa voix déraillait.
- Petit... Bébé...



Samedi 5 Mars 2006

Éternelle s'était suicidée le soir où elle apprit qu'elle était enceinte. Sa mère l'avait retrouvée le lendemain en rentrant de New York, quelques jours en avance après avoir appris l’état de sa fille. Charlotte s'assit et fondit en larme. Éternelle était tout pour elle, comme pour toute les mères. Elle prit son portable et appela la police.

Raphaël avait acheté une bague pour l'Éternelle, il comptait la demander en fiançailles. Tout heureux il sonna à la porte des Garthier. Charlotte lui ouvrit les yeux rouges, une mine affreuse. Étonné, Raphaël lui demanda ce qu'il s'était passé et où était Éternelle.
- Entre Raphaël, s'il te plait.
Raphaël la suivit, anxieux. Les miroirs avaient été recouverts de drap en soie noirs, ainsi que les tableaux. Il savait ce que ça voulait dire, mais ne comprit pas, il ne voulait pas.
- Je suis désolée, j'avais oublié de te le dire, avec tout ça...
Elle fit une pause interminable, en regardant tristement Raphaël.
- Éternelle. Elle t'a laissé une lettre.
Charlotte se leva et se dirigea vers une commode, c'est là que Raphaël remarqua son habit de deuil, une des célèbres robes de Chanel. De ses fines mains, elle lui tendit la lettre.
- Tiens.
Il la prit doucement. Il y avait toujours ce perce-neige dessiné sur l'enveloppe.


Raphaël,

Mon amour. Je t'écris cette lettre pour te dire quelque chose d'important, de terrible et je regrette de ne pas être là pour te l'avoir dit face à face. La raison de toute cette tristesse. De ce déménagement loin de Reims. Loin de toi. Cette raison c'est que je me suis faite violée.
J'en peux plus mon ange, je ne suis pas assez forte. Je suis fatiguée à un tel point ! Je ne peux plus, même avec toi, parce que je suis enceinte de ce violeur. Et ça, pour moi, c'est trop.
Je me suis donnée la mort. Même si je te quitte avec regret. Mais je me serai suicidée un jour et le plus tôt est le mieux. Surtout pour toi, tu es jeune, tu oublieras vite. Je ne suis pas l'amour de ta vie, j'en suis sûre.
Toi tu es l'amour de ma vie, il n'y a eu que toi. Et c'était un amour pur.

Je t'aime. Et n'oublie pas, mon archange, Éternelle n'est qu'un prénom. Mais quelque part, il y aura toujours une poignée de poussière dans le monde de moi qui t'aimerait pour l’éternité.

Éternelle.



L’autopsie dévoila que l’Éternelle était enceinte de Raphaël. Ce dernier rencontrera sept ans plus tard Gabrielle, leur unique fille se prénomma Caprice.
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Lacrima



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MessageSujet: Re: L'Éternelle   Mer 29 Avr - 15:30

Vendredi 12 Février 2010

Raphaël prend le violon qui est à côté de lui. Il se lève et joue l’un des morceaux préférés d’Éternelle. La suite pour violoncelle n°1 Prélude de J-S Bach. La mélodie s’empare de la pièce, presque vide. Un violon. Un homme. Est-ce un ange ? Non, il est bel et bien déchu sans son Éternelle.

L’Éternelle était enceinte de dix-sept semaines, et c’était l’enfant de Raphaël. Deux ans plus tard, il rencontra Gabrielle dans un amphithéâtre durant un cours d’anatomie. Ils eurent une fille, Caprice.
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MessageSujet: Re: L'Éternelle   

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