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 La Zone du Dehors - Alain Damasio

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WakO

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MessageSujet: La Zone du Dehors - Alain Damasio   Jeu 14 Jan - 7:08


« Soyez toujours pour vous-mêmes votre dehors, le dehors de toute chose. »

RESUME :

"2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution. En perdant beaucoup. En gagnant tout."

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Alain Damasio écrivain français de science-fiction avait déjà impressionné les fans – et non fans – du genre avec La Horde du Contrevent, son second roman. Son premier quant à lui est moins connu du grand public, pourtant il possède la même force. La Zone du Dehors a été publié la première fois en 1999 puis réécrit et réédité en 2007.

J’aime la science-fiction parce qu’elle permet de tester l’Homme, de le faire vivre dans un environnement qu’il n’a jamais connu et ne connaîtra peut-être jamais. Ce genre est pour moi un véritable centre d’essai de l’humanité. Car il permet d’analyser ces réactions face à ce contexte inconnu. La Zone du Dehors s’inscrit dans cette science-fiction. Il est donc impossible pour moi de prétendre le résumé dans cette fiche de lecture tant il est dense et vivant.

L’auteur nous raconte donc l’histoire d’un mouvement. La Volte. Mouvement anarchiste diront certains, terroriste diront d’autres. Quoi qu’il en soit Damasio utilise la même technique de narration que celle utilisée dans La Horde du Contrevent. La narration par l’intermédiaire de plusieurs personnages, en prenant en compte sa personnalité, sa verve et son vécu. Cette méthode est moins bien ficelée que dans la Horde, elle file beaucoup moins bien. Mais elle est toujours épaulée par cette écriture poétique, qui sait se faire lourde, légère ou tranchante selon les circonstances.
Pour écrire ce roman Damasio s’est beaucoup documenté. Il a lu Nietzche, Sartre, Deleuze, Foucault, etc. Et cela se sent. Ces personnages s’appuient sur les pensées de ces hommes pour délivrer leurs messages volutionnaire. Volutionnaire, oui, le –ré- a été coupé pour démontrer la volonté de la Volte à se couper du régime en place.
Le régime d’ailleurs parlons-en. Il existe dans le livre plusieurs références à 1984 d’Orwell, l’année même où se déroule l’action : 2084 le fait bien ressentir. Même à la différence de 1984 le régime en place est hautement démocratique.
Par exemple un système de Clastre est instauré, où chacun est jugé par ses collègues, par des tests, etc. Plus la note finale est élevé, plus l’individu gagne des places au Clastre et peut donc prétendre à un meilleur salaire, etc. Un système purement démocratique, car ne se basant sur aucun paramètre tel que la naissance ou les « relations ». Chacun peut gagner des places au Clastre et ainsi s’élever socialement grâce à ses compétences. Mais comme tous les dispositifs démocratiques de ce roman, le Clastre possède son double tranchant.

Cette démocratie déshumanise ses citoyens tout autant que la dictature de Big Brother. Elle les rend mous et sans vif. C’est d’ailleurs le véritable sens selon moi de ce roman. Ce n’est pas un manifeste politique ou un pamphlet. Mais une leçon de philosophie, de vie. La vraie vie, celle qui fait mal. Celle que l’on redoute et que pourtant l’on désire plus que tout. Prendre en main son « destin », dirigé chaque pas vers un nouveau chemin. Vivre tout simplement au dehors.

Le plus intéressant pour moi a justement été ce dehors. Il faut comprendre que l’action se déroule sur Saturne, après la Quatrième guerre, certains humains ont décidé de changer d’horizon pour forger un monde meilleur. Mais sur la planète seul un petit espace peut être habité par l’Homme le reste étant trop vivant, trop hostile. Pourtant, c’est ce reste qui résume l’idéal des voltés. C’est dans ce dehors qu’ils veulent vivre et construire leur avenir sans le voile mou démocratique qui retire petit à petit et avec le consentement des citoyens leur unité.

La Zone du Dehors est un roman politique. Inutile de le nier, il défend fièrement les idées de son auteur. Il est militant sans aucun doute et humaniste aussi. On peut ne pas adhérer à ses idées, néanmoins il est si vrai et si puissant qu’il serait dommage de passer à côté ou même de le reléguer simplement à un roman anarchiste.

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La Zone du Dehors a reçu le prix du Roman européen Utopiales 2007.
Vous trouverez ici des extraits du livre. Et ici une interview d'Alain Damasio (que je vous conseille tout de même de lire après le livre, car certains moments clés sont dévoilés).
Et une fois n'est pas coutume voici pour finir un extrait du livre :


"La liberté est une chose toute bête, une maladie dont l’hygiène sociale la plus stricte ne vous guérit pas. Non content d’être malade, on veut encore contaminer les autres, leur passer nos miasmes. Personne ne m’empêchera d’aller parler aux gens- et surtout pas ces scolopendres dont chaque poil est un œil, ces vers à soi, qui se glissent dans le bac à douche : les traqueurs. Ça fait trois Clastres que je fait ça- six ans. À raison de vingt soirs dans le mois. Je dois donc en être à cinquante interventions environs et cependant, à chaque fois, j’ai le trac. À chaque fois, je calme mon anxiété avec quelques verres de brax- même si aujourd’hui je me sens presque serein, justifié. J’ai peur de leur regard. Le plus dur reste le moment où je monte sur la chaise -dès que je parle, l’angoisse se dissipe. Au moment où j’ouvre la bouche, c’est comme si la peur s’échappait de moi pour aller les envelopper, eux : ils tressaillent, ils baissent la tête, ils ricanent, ils n’osent plus se regarder entre eux."
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